
Le weekend des 20 et 21 août avait lieu la 3ème édition de "Ride the Mountain Pyrénées Tour".
A l'origine, cet évènement devait impliquer plusieurs stations qui devaient organiser une étape chacune de ce qui aurait du devenir un circuit. Ax les Thermes est aujourd'hui seule dans le bain (!) : les remerciements exprimés par Yoann Crouzillat, organisateur, sont allés vers la mairie, Riders Incorporated qui trace les pistes, les bénévoles, et le club de ski qui gère le chronométrage depuis 3 ans. On se rend donc vite compte que la réussite d'un évènement de ce type n'est pas gagnée d'avance vu la diversité des énergies à mobiliser. Vous verrez par la suite que la réussite était au rendez-vous, mais que le nombre de concurrents reste, selon moi, incompréhensiblement bas (même s'il augmente d'année en année).
Si ce grand homme de télévision qu'était Michel Chevalet était aux commentaires, il dirait : "alors, le VTT à Ax, comment ça marche ?"
Le Saquet (le sommet pour le VTT), culmine à 2000 m, la station de Bonascre à 1400 m, et l'arrivée des pistes à Ax les Thermes à 750 m, soit presque 1300 m de dénivelé total ! Pas mal, non ?
Concernant les tracés, du Saquet à Bonascre, il y a 2 pistes bleues, 1 piste rouge, et 1 piste noire. De Bonascre à Ax les Thermes, il y a 1 piste bleue et 1 piste noire. A celà, il faut rajouter la piste dite du "Northshore", qui fait la liaison entre les pistes du haut et celles du bas. Il est donc assez facile de mixer les pistes pour se faire une loooongue trace du haut jusqu'en bas.
Pour ce qui est du style, c'est assez naturel et plutôt axé sur le pilotage et le franchissement que sur les sauts.
Ca va, vous y voyez plus clair ?
Venons en à l'évènement proprement dit.
La compétition comporte 3 spéciales :
SP 1 : départ du Saquet, piste noire puis Northshore
SP 2 : Northshore
SP 3 : départ du Saquet, piste bleue Bonascre, puis Northshore, puis piste bleue
L'équipe de Planete Libre était constituée pour l'occasion de 3 membres de choc prêts à tous les sacrifices durant ce weekend éprouvant : DGR, dit "Du Gros Ride", Kerson, dit "le Réunionnais volant", et moi même, dit rien du tout, mais qui dit "Oh, qu'c'est beau" la montagne.
DGR avait géré l'hébergement en réservant une chambre à l'hôtel-restaurant "les 3 domaines" de Bonascre, dont je vous reparlerais avant la fin de cet article.
Arrivés un peu tard le samedi (10h45), nous oublions l'hôtel pour le moment, enfilons nos habits de lumière (le mâââgnifique jersey Planete Libre !) et enfourchons nos fidèles destriers : Santa Cruz VP Free pour DGR, Morewood Izimu pour Kerson, et Specialized Enduro pour moi. Mathieu, un ami de DGR, s'est joint à nous pour la journée.
C'est parti pour la journée de recos. On attaque par la bleue ; enfin, je roule à Ax !
La première chose qui me frappe, c'est d'avoir le sentiment de rouler à la montagne, d'être presque hors station. Rien à voir avec les 2 Alpes, c'est beaucoup moins aseptisé. Et c'est bien.
On enchaine avec le Northshore, plus aménagé, forcément ; toute la piste est en forêt, ça saute un peu sur quelques modules, ça tourne un peu sur quelques walls ride, et ça doit pouvoir aller très vite une fois la piste mémorisée.
On poursuit avec la bleue du bas, enchainement qui équivaut à la SP 3 du lendemain. La grosse différence, c'est que le dimanche, il faudra descendre les 3 à bloc !
C'est la plus longue, avec quelques passages relativement exigeants pour une bleue. Plusieurs coupes sont également possibles, mais chacune a un intérêt technique : tobbogan dans une petite saignée poussiéreuse, saut de muret, ... Il n'est pas évident de toutes les mémoriser quand on découvre la station.
C'est l'heure de la pause repas, diététique, comme d'habitude...
Retour sur les pistes. On se rééchauffe sur la bleue Bonascre, ou DGR nous gratifie d'un splendide "bunny no hand", malheureusement replaqué façon crash test !! Il en gardera une petite douleur au poignet. Puis on va rouler sur la noire, avec laquelle on démarrera à froid le lendemain matin. Il y a 3 courts passages un peu tendus qui demande de la décision et de l'attention, du raide rapide, du sinueux, bref, une très belle piste. On l'enchaine 2 fois histoire de valider quelques trajectoires, puis DGR et Kerson s'arrêtent là. Je raccompagne Mathieu qui redescend à Ax, ce qui me permet de "réviser" la longue bleue du bas.
La journée s'achève, la chaleur accablante ayant bien contribuée à nous fatiguer plus que nous ne devrions l'être.
Direction l'hôtel. La maîtresse des lieux nous accueille très gentiment, alors que nous méritions le bâton : nous étions censé la prévenir si nous prenions l'option demi-pension ou non...
Elle nous propose un local pour les vélos, nous donne les clefs de notre chambre, et nous brieffe sur le fonctionnement du jacuzzi. Vous avez bien lu, il y a un jacuzzi dans l'hôtel. Les freeriders n'étant plus ce qu'ils étaient (l'ont ils jamais été ??), ils ne résistent pas à l'appel des bubulles masseuses.

On s'installe ensuite en terrasse, détendus, pour profiter de la lumière finissante sur les sommets environnants, et du menu de Fred, le cuisinier, particulièrement exquis (le menu, pas Fred...). Au passage, bravo pour la promotion des produits locaux.
La soirée fut donc excellente à tous points de vue ; on ne peut donc que chaudement vous recommander l'établissement.
Dimanche matin, 7 heures, le réveil sonne. Un petit déjeuner plus tard (aussi bon que le dîner de la veille), nous voilà dehors.
Les concurrents arrivent, l'heure du retrait des plaques aussi. Etant donné qu'on les tire au sort (les plaques, pas les concurrents...), on se retrouve un peu loin les uns des autres : DGR en 15, Kerson en 32 et moi en 44.
Moins d'une heure plus tard, nous voilà au Saquet, au départ de la SP1. Il fait beau, l'ambiance est excellente, tout le monde est content d'être là, ça s'annonce bien.
C'est parti ! Bien que la SP 1 ne soit pas la plus longue, ça représente déjà une douzaine de minutes d'efforts. On se retrouve en bas, tous les 3 entiers, ruisselants, et dans la 1ère moitiée du classement (okcbo 12, Kerson 21 et DGR 22).

Kerson et moi trouvons une âme charitable qui nous remonte à la station en pickup, façon Canada !
SP 2, le Northshore : là, c'est court, à peine moins de 2 minutes. Un peu avant le départ, on a la bonne surprise de voir arriver notre hôte de la veille. Sympa. Plus sympa encore, elle nous propose de venir prendre une douche à l'hôtel après la compétition. Quand je vous dit que "les 3 domaines", c'est the place to be.
Aucuns "tombages" nous concernant. (Kerson 12, okcbo 14 et DGR 26)

Midi, retour à Bonascre, repas "chez Toto". La pause est bienvenue, les grillades excellentes, il fait beau, tout baigne. Mais il est temps de remonter au Saquet.
Le départ de la SP3 se fait en ligne, par vague de 10, en fonction du classement provisoire.

Comment s'est passée cette spéciale pour nous, cyclistes normaux ?
Placés en 2ème ligne, Kerson et moi partons pas trop mal. Je le bouchonne sans le savoir sur un gauche fermé. On entre sur le single, plus possible de doubler. Je me fais assez vite lacher par les premiers, mais n'essaye même pas de les suivre. Pour moi, une spéciale aussi longue, c'est une première, et vu ma condition physique du moment, j'ai décidé de gérer mon effort. Ce qui ne semble pas être le cas de Kerson qui me passe comme une fusée sur la large piste intermédiaire ! Mais à la bosse d'entrée du single dans la forêt, il se satellise sous mes roues. J'ai juste le temps de l'éviter pour aller saluer un sapin... Le temps de désincarcérer mon vélo du conifère, et ça repart. Je rattrappe un concurrent qui semble rouler à ma main, et décide de rester dans sa roue vu qu'il semble connaitre la trace bien mieux que moi. Pendant ce temps, Kerson est de nouveau allé embrasser le sol Ariégeois...
Et DGR ? Il part en 3ème ligne, joue des coudes avec des espagnols, et descend fort puisqu'il entre second dans la forêt après la piste intermédiaire.

Il arrive à la même place à Bonascre et entre dans le Northshore, où ses multiples ampoules aux mains et la fatigue générale le contraignent à ralentir.
Kerson n'a pas d'ampoules, mais la fatigue est là, il descend plus raisonnablement, histoire de ne pas ajouter une 3ème chute à la 3ème spéciale.
Quand à moi, je suis toujours scotché à mon "collègue" dans le Nortshore, mais fini par me rendre compte que je suis beaucoup sur les freins. Et comme je ne sais pas rouler collé à la roue d'un autre, je lui laisse quelques mètres pour avoir un peu plus de champ visuel.
Erreur fatale ! Je le perd de vue dans une succession de virages, ce qui me vaut de perdre la bonne trace, et de m'en coller une belle. Enervé, je repars debout sur les pédales, et le recolle au début de la bleue du bas. Il me propose par 2 fois de le passer, mais je décline l'offre à chaque fois.
Seconde erreur !! Il doit lui aussi accuser le coup physiquement, car je suis de plus en plus sur les freins. Le pire, c'est qu'il rate une coupe, et qu'en bon mouton, je l'accompagne dans son erreur ! Et bing, 20 secondes dans la vue !
Je finis par le passer à la coupe du saut du muret qu'il ne prend pas.

C'est sur ce saut que DGR tente de faire mieux que son "bunny no hand" ! Il tente un "one hand to bollocks on tire", sans plus de succès que la veille...
Kerson y va aussi de sa figure, avec un "alternate one foot to tree".
Rien de grave pour personne, heureusement.
On se retrouve en bas, après 20 minutes de descente non stop, rincés, ruisselants, mais conquis !
Les discussions sur cette spéciale vont bon train, et sont plutôt sympathiques : je n'ai pas croisé un seul champion du monde du village, ni un seul exposant de matos, que des gars (et 1 fille !) venus faire du vélo à la
montagne.
Un carton rouge cependant aux affreux dégueulasses qui ont jeté leurs papiers par terre à l'arrivée : comment un pratiquant de sport nature peut-il réagir comme ça ?
On remonte à Bonascre, direction l'hôtel et la douche salvatrice.
Merci encore à l'hôtel-restaurant des 3 domaines.
C'est l'heure des résultats et des podiums.
Le 1er, Mathieu Anglade met 29:43:85 pour boucler les 3 spéciales, là ou le dernier met 1h11:57:84.
Concernant Planete Libre :
Okcbo : 13ème en 35:01:06
Kerson : 18ème en 36:05:41
DGR : 24ème en 37:28:35
L'évènement est de qualité, c'est indéniable : spot splendide, jolis tracés, formule sympa, organisation au top (techniquement et humainement), ambiance à la cool, ...
Alors que manque-t-il au RMP pour qu'il rencontre le succès qu'il mérite ?
Un évènement comme celui ci devrait attirer au moins 150 participants.
Alors parlez en autour de vous, car pour toute compétition, quel que soit le sport, seul un nombre de concurrents conséquent permet d'inscrire un évènement dans la durée.
Et qui sait, peut être de créer enfin un vrai circuit ?
La station sur Facebook
Toutes les photos :
Gaby Legall
Weemove
Les résultats (PDF)
La vidéo du départ de la SP3

