Le vélo a toujours été considéré, à juste titre, comme l'un des moyens de déplacement les plus écologique. On serait tenté de se dire que le VTT est, à fortiori, encore plus vert que vert, puisque son terrain de jeu est, lui aussi, vert.
La belle image, mais de quelle pratique parle-t-on :
1. XC ?
2. Enduro ?
3. Freeride ?
4. DH ?
Dans le 1er cas, les sorties sont majoritairement effectuées intégralement sur le vélo, ... sauf lorsqu'il faut aller aux championnats régionaux, à 300 km de chez soi !
Le 2ème cas concerne des pratiquants qui pédalent encore un peu, mais pas toujours...
Pour les 3ème et 4ème cas, pédaler est un blasphème !
Force est donc de constater que plus on descend dans la liste, plus on a recours à la voiture, moins on respecte l'environnement, cqfd.
Je vais prendre pour exemple mon propre cas, histoire de couper court à toute remarque, du style : « non mais pour qui il se prend celui-là à faire son écolo de base donneur de leçons ! ».
Je navigue entre la 2ème et la 3ème catégorie.
Lorsque je roule « enduro », je pars à vélo de chez moi, gravis toutes les côtes au « jus de mollet », descends sur mon vélo (yes !!!), et rentre directement chez moi. Lorsque je roule « freeride », je mets mon vélo dans ma voiture, roule 200 km, prends les remontées mécaniques, descends sur mon vélo (yes !!!), reprends ma voiture pour re-faire 200km.
Eh bien oui, je suis parfois un VTTiste vertueux, parfois un vilain freerideur qui contribue à dégrader la nature que j'aime tant. Cruel dilemme, non ?

Et si on regarde du côté de notre cher (dans les deux sens du terme...) matos, que voit-on ?
Mes supers pédales plates magnésium pas chères de Taïwan, elles ne sont pas venues à pied, mais en avion : bilan carbone pas bon...
Du matos, on en casse, on en change parce qu'on veut le modèle 2009 qui est plus mieux que le 2008. Qui n'a jamais commandé le petit boulon qui lui manque sur internet ? Bilan carbone pas bon...
Certes, parfois on pense à faire une commande groupée... ... pour faire baisser les frais de port.

C'est brossé à gros traits, je vous le concède, mais ça concerne chacun d'entre nous ; ne pas perdre de vue que nous ne sommes parfois pas plus vert qu'un enduriste à moto me semble primordial.
D'abord d'un point de vue éthique, en tant qu'utilisateur de l'espace naturel, et plus largement d'une planète (libre !) que nous empruntons à nos enfants.(*)
Et si cette éthique là ne vous parle pas (ce serait dommage...), disons que la sauvegarde de notre loisir fétiche est en jeu.
Ça vous parle un peu plus là ?
A consommer du VTT « bêtement », nous risquons de le marginaliser et de le couper d’un environnement sans qui il ne serait rien. Car il ne faut pas oublier que nous sommes dans la ligne de mire de quelques groupuscules, dont certains veulent purement et simplement nous interdire l'accès à nos chers singles. Les exemples se multiplient ces derniers temps, et même si ces attaques ne portent pas forcément sur ce sujet, il vaut mieux y être préparé. Les associations de défense du VTT ne s'y sont d'ailleurs pas trompées en proposant des chartes de bonne conduite (Eco Sentiers, Mountain Riders Foundation).

Le fameux slogan « vert, plus qu'un état d'esprit » n'est malheureusement la plupart du temps qu'un slogan, pas révélateur du tout de la moindre conscience écologique. Restons lucide sur les implications réelles de notre activité : l'angélisme est tout aussi néfaste que la critique outrancière.

(*) « Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants. »
Antoine de SAINT-EXUPÉRY

« Nous vivons maintenant dans un monde fini, où ce qui touche les uns concerne nécessairement les autres. L'indifférence est illégitime et impossible. » Albert JACQUARD généticien et écrivain