Le mountain bike, un loisir vert ?
Par okcbo le jeudi, décembre 18 2008, 06:53 - Général - Lien permanent

Le vélo a toujours été considéré, à juste titre, comme l'un des moyens de déplacement les plus écologique.
On serait tenté de se dire que le VTT est, à fortiori, encore plus vert que vert, puisque son terrain de jeu est, lui aussi, vert.
La belle image, mais de quelle pratique parle-t-on :
1. XC ?
2. Enduro ?
3. Freeride ?
4. DH ?
Dans le 1er cas, les sorties sont majoritairement effectuées intégralement sur le vélo, ... sauf lorsqu'il faut aller aux championnats régionaux, à 300 km de chez soi !
Le 2ème cas concerne des pratiquants qui pédalent encore un peu, mais pas toujours...
Pour les 3ème et 4ème cas, pédaler est un blasphème !
Force est donc de constater que plus on descend dans la liste, plus on a recours à la voiture, moins on respecte l'environnement, cqfd.
Je vais prendre pour exemple mon propre cas, histoire de couper court à toute remarque, du style : « non mais pour qui il se prend celui-là à faire son écolo de base donneur de leçons ! ».
Je navigue entre la 2ème et la 3ème catégorie.
Lorsque je roule « enduro », je pars à vélo de chez moi, gravis toutes les côtes au « jus de mollet », descends sur mon vélo (yes !!!), et rentre directement chez moi.
Lorsque je roule « freeride », je mets mon vélo dans ma voiture, roule 200 km, prends les remontées mécaniques, descends sur mon vélo (yes !!!), reprends ma voiture pour re-faire 200km.
Eh bien oui, je suis parfois un VTTiste vertueux, parfois un vilain freerideur qui contribue à dégrader la nature que j'aime tant.
Cruel dilemme, non ?
Et si on regarde du côté de notre cher (dans les deux sens du terme...) matos, que voit-on ?
Mes supers pédales plates magnésium pas chères de Taïwan, elles ne sont pas venues à pied, mais en avion : bilan carbone pas bon...
Du matos, on en casse, on en change parce qu'on veut le modèle 2009 qui est plus mieux que le 2008. Qui n'a jamais commandé le petit boulon qui lui manque sur internet ? Bilan carbone pas bon...
Certes, parfois on pense à faire une commande groupée...
... pour faire baisser les frais de port.
C'est brossé à gros traits, je vous le concède, mais ça concerne chacun d'entre nous ; ne pas perdre de vue que nous ne sommes parfois pas plus vert qu'un enduriste à moto me semble primordial.
D'abord d'un point de vue éthique, en tant qu'utilisateur de l'espace naturel, et plus largement d'une planète (libre !) que nous empruntons à nos enfants.(*)
Et si cette éthique là ne vous parle pas (ce serait dommage...), disons que la sauvegarde de notre loisir fétiche est en jeu.
Ça vous parle un peu plus là ?
A consommer du VTT « bêtement », nous risquons de le marginaliser et de le couper d’un environnement sans qui il ne serait rien.
Car il ne faut pas oublier que nous sommes dans la ligne de mire de quelques groupuscules, dont certains veulent purement et simplement nous interdire l'accès à nos chers singles. Les exemples se multiplient ces derniers temps, et même si ces attaques ne portent pas forcément sur ce sujet, il vaut mieux y être préparé.
Les associations de défense du VTT ne s'y sont d'ailleurs pas trompées en proposant des chartes de bonne conduite (Eco Sentiers, Mountain Riders Foundation).
Le fameux slogan « vert, plus qu'un état d'esprit » n'est malheureusement la plupart du temps qu'un slogan, pas révélateur du tout de la moindre conscience écologique. Restons lucide sur les implications réelles de notre activité : l'angélisme est tout aussi néfaste que la critique outrancière.
(*) « Nous n'héritons pas de la terre de nos ancêtres, nous l'empruntons à nos enfants. »
Antoine de SAINT-EXUPÉRY
« Nous vivons maintenant dans un monde fini, où ce qui touche les uns concerne nécessairement les autres. L'indifférence est illégitime et impossible. » Albert JACQUARD généticien et écrivain

Commentaires
Un article qui fera réfléchir je l'espère.
Tout ça est vrai, mais on se retrouve dans le meme esprit que dans le monde automobile : Certains prennent la voiture pour aller d'un point A au point B, d'autres prennent leur voiture tout simplement pour aller faire un tour, se faire plaisir au volant, faire une pointe de vitesse ( sur circuit ) ....
Dans le velo on voit soit le coté "vert", donc simple outil de deplacement, soit le coté "passion" ou notre seule envie de prendre son velo c'est d'aller se faire plaisir sur un champs de bosse par exemple a 100 bornes de son domicile.
La difference est bien la, outil ou passion!
(Bon j'ai resumé en quelques mots ma pensée)
Si,comme Tony (merci !), cet article vous inspire, peut être vaut il mieux lancer un topic sur le forum
A+
Félicitations Monsieur okcbo pour ce très bel article. Bon, je n'ai moi même pas de vélo, la dernière fois que j'en ai fait, c'était sur un Velib' entre Montparnasse et Saint germain des près, donc bon. Mais mon frère est champion du monde par contre, donc ça va, il sauve la famille.
James
Bon billet qui traduit je pense les réflexions de pas mal d'entre nous. On ne peut pas cracher sur la voiture ni sur des trucs comme le bilan carbone des pièces qui viennent d'Asie. Ca fait malheureusement partie de notre société !
Par contre avoir une réflexion et des actions à son propre niveau c'est possible. Perso avec les potes on se groupe quand on doit prendre la caisse pour aller rouler. Je ne prend pas systématiquement ma voiture tous les week-end pour faire 1 heure de transport pour aller rouler mais je privilégie les trucs en partant à vélo de chez moi (ok pas facile quand tu habites une grosse ville).
Les américains sont aussi de plus en plus dans cet état d'esprit et la-bas tu vois des trucs du style "ride more, drive less".
Car chez eux c'est un gros problème. Les mecs se tapent facilement 300 bornes pour aller rouler et passent plus de temps en voiture que sur le vélo !
Bel article qui fait réfléchir sur la façon d'aller rider !
Pour le bilan carbone du matos made in Asie, je ne peux qu'approuver et c'est pour ça que le matos DM3 est fait 100% en France !!! et restera 100% made in France pour les années à venir avec crise ou pas crise...
++
Dimitri
En effet, bel article poto. en effet, j'ai réduit pour beaucoup les sorties ou il fallait partir de la maison à vélo car la flème me gagne. Bizarre de ne pas avoir envie de pédaler quand on fait du vtt non?
tout ca est ben vrai !
Mais limiter la nuisance des nouvelles pratiques a la seule utilisation de voiture n´est qu´un point parmis d´autres.
je pense notammemt a la transformation excessive voir la destruction d´espaces naturels pour le simple fait de creer un "bike park sauvage" qui de ce fait n´a plus grand chose de naturel et s´eloigne par consequent d´une pratique mountainbike ou vtt qui par definition evolue en milieu naturel.
avec ce type de pratique il est certains que nous sommes encore plus a meme de nous mettre a dos d´autre utilisateurs de la nature tel que randonneurs qui souhaitent a juste titre conserver cet espace naturel vierge si ce n´est un reseau de sentiers que nous utilisons aussi ...
Pour continuer la discussion sur cet intéressant sujet:
http://planetelibre.net/phorum/read...
Bel article okbo, mais perso, y'a beaucoup à dire, notamment sur les lobbys qui font plus d'embalage que de produit, plus de roulage par camion que ferroutage, plus de voiture au pétrol alors que les solutions existent depuis bien longtemps, j'en passe et des meilleurs...
Ha oui, un tit coucou à james borts, mon idole du net...
Personnellement je suis venu habité sur "un" spot(enfin une multitude mais tous au meme endroit!) : je limite mes déplacements alpins.
Je roule en freeride et dh et je monte à pied !
Je descends sur mon velo (et en pédalant!!!)
Reste le point du matériel, alors tel le reflet mon pseudo, j'ai une solution : le retour à l'esclavage. Employons la force humaine pour pagayer et ramener d'Orient nos chers accessoires à moindre cout (en effet, on ne paye pas un esclave, et pis quoi encore...parallèlement le chomage disparait!)
Bien sur je plaisante en partie, mais je pense qu'il ne s'agit pas de ne pas "polluer" avec nos velo mais juste de limiter notre impact sur l'environnement. Celui-ci à une résilience à ne pas dépasser et même si le vtt abime la nature inutilement, cette dernière est capable de surmonter les affronts de l'homulus-vttiste si chacun sait rester raisonnable. non ?