Planetelibre : Parlons déjà des choses qui fâchent, ou qui en tous cas déçoivent : Malgré des commentaires unanimement élogieux en 2010, il y avait moitié moins d’inscrits cette année : Comment analyses-tu cette baisse d’effectif ?

Greg : La multiplication des événements enduro, un concept encore flou pour beaucoup de pilotes, un déficit de communication (gros carton à VTT cet été qui m'a pénalisé dans mon travail de bureau et de terrain)

PL : Une des raisons pourrait-être que les enduristes semblent des accros du chrono ; Mais paradoxalement, les compétiteurs se plaignent aussi de ne pas passer assez de temps sur le vélo le jour de l'épreuve....

Greg : D'abord je crois qu'il faut savoir ce qu'est un enduriste avant toute chose, parce que quand tu regardes de près tout ce qui est proposé il est difficile de trouver 2 formules identiques. Elles ne sont pas incompatibles, et je les crois complémentaires. De notre côté les convictions et le concept sont clairs, reste à se faire identifier plus massivement des pilotes.

PL : Comment comptes-tu réagir pour que les EV ne meurent pas ?

Greg : En progressant dans la communication. D'ailleurs à ce titre nous nous sommes mis à la vidéo, support semble-t-il incontournable désormais.

PL : Où étaient tes partenaires cette année ?

Greg : Yodabikes progresse sans cesse grâce à la qualité de son travail et donc apparaisse les soucis de planning, car ils ne manquent pas d'activités. Quant aux autres, rien n'est jamais figé. Un bon partenariat repose sur des échanges pertinents.Faute de disponibilité à cause de mon accident, je n'ai pu gérer ce dossier là des EV, préférant me consacrer à la qualité des prestations.

PL : Quelle part représentent les EV dans l’activité totale de Camino ?

Greg : Cette année ?… pas lourd sûrement, à voir avec le Cantal qui semble mieux se remplir que les Gorges du Tarn. En 2009, à peu près 20 % du CA.

PL : Et dans ton cœur ?

Greg : J'aime voir plein de pilotes se régaler sur des parcours à chacun son rythme, se rencontrer, se tirer la bourre ou partager un tas de choses sans se connaitre au préalable. Mais j'aime aussi rouler en séjour avec mes clients en petit comité car on peut partager plus de choses. Vu les parcours, je dors moins bien et suis moins disponible (tu en sais quelque chose) pendant les EV qu'un séjour. J'aime les 2, et avec les 2 concepts j'ai toujours envie d'en donner un max aux pilotes pour qu'ils soient sur le cul : qualité des parcours, paysages, bouffe… c'est parfois difficile dans le cadre d'une activité professionnelle mais je ne me résouds pas à fonctionner de manière strictement calculée.

PL : Toi qui voyages beaucoup à l’étranger, y a-t-il une forme d’enduro « à la française » ?

Greg : Oui je crois, surtout comme je le pratique lors des séjours Enduro Trips® ou des événements Enduro Vibes™ et Camino Days.

PL : Quel est ton rêve d’enduriste ?

Greg : Que la montagne reste libre d'accès et ce n'est pas gagné.

PL : Pendant ces deux jours, nous avions la fantastique impression que la nature nous appartenait, que nous étions seuls au monde, loin des rassemblements de masse. L’esprit de Camino ne va-t-il pas se perdre au milieu du Big Bike Festival (Camino days) ?

Greg : Seule la base sera commune. Les parcours (sentiers naturels et non des pistes aménagées) n'ont rien à voir et sont d'ailleurs éloignés. Idem pour les repas.

PL : Est-ce pour toi nécessaire d’en passer par là ?

Greg : Je ne sais pas. Basé à Autrans tout près de Villard de Lans depuis juillet 2008, il me semble intéressant de m'impliquer dan la nouvelle dynamique locale en terme de VTT. Car celle déjà en place ne me convient pas et la nouvelle mise en avant par Villard de Lans me motive nettement plus.

PL : Parles-nous de l’équipe Camino ; Qui sont les personnes qui t’entourent à l’année ? Comment avez-vous été amenés à travailler ensemble ?

Greg : Je suis le seul qui travaille à temps plein à l'année, depuis 4 ans alors que Camino vit sa 10ème saison. Avant j'étais pisteur secouriste l'hiver + gestion de la boite sur mon temps libre. Depuis le début Carole, ma femme, m'aide sur les temps forts. Les moniteurs, ou guides comme je préfère les appeler ne travaillent pas que pour moi. Ils sont tous à leur compte et ont aussi leurs propres activités. L'hiver ils ont un autre métier (pisteur secouriste, accompagnateur raquettes). Nos rencontres ne se sont pas faites par hasard : vision et pratique du VTT communes.

PL : Comment nait un séjour Camino ?

Greg : C'est un long travail qui voit une idée se transformer en produit qui se vend. Et toutes nos idées ne sont pas toujours bonnes en terme de programmation. Nous ne craignons pas d'aller rouler sur des sites que nous ne connaissons pas et prendre le temps d'avoir une excellente maitrise des lieux. D'ailleurs certains séjours nécessitent plusieurs saisons avant de voir le jour. Car un séjour ce n'est pas juste un parcours. Ce n'est pas rare que pour un premier départ nous choisissions les clients.
La genèse d'un séjour :

- une idée, propre à Camino ou non. D'autres pratiques sont de bonnes sources d'inspiration (trail, équitation)

- ébauche d'itinéraire avec travail sur carte et en croisant nos connaissances locales, sinon en chopant des informations de différentes manières

- reconnaissances terrain, rencontres avec les hébergements

- reportage avec la presse

- 1ers clients

et c'est parti. Un programme n'est jamais figé. Nous cherchons perpétuellement à améliorer notre activité et sommes attentifs aux nombreux éléments qui contribuent à la réussite d'un séjour (variantes, état du terrain, saisons, repas, fréquentation des lieux, etc…).
C'est un gros travail, qui nécessite des connaissances et des compétences si on veut que l'idée se transforme en produit de qualité rentable. Il ne suffit pas de savoir rouler et prendre du temps pour repérer contrairement à ce que pensent certains pratiquants, voir même certains professionnels.

PL : Es tu plutôt tire-bouchstroumf ou stroumpf-bouchon ?

Greg : tire-bouchstroumf

PL : A toi le mot de la fin…

Greg : Le VTT un sport de pilotage avant d'être du cyclisme ! Merci à toi et Planète libre.


Merci Greg, J’ai hâte de te retrouver les 12 et 13 juin pour les « Camino Days » à Villard de Lans.