Thabor, je te hais.
Par okcbo le vendredi, juillet 9 2010, 23:29 - Rando VTT - Lien permanent
Comment pourrait-il en être autrement puisqu'il nous a fait faux bond.
Pas de Thabor pour Okcbo et ses acolytes, mais de la belle montagne quand même.
Mais de quoi cause-t-il encore cet olibrius d'Okcbo ?
Allez, je suis bon prince, je m'en vais vous narrer l'historique du projet...
Pour cela, il faut remonter à plus d'un an, presque deux. Assis devant mon i-mac 24 pouces à la définition sans égale, j'étais tombé sur un topo vraiment alléchant d'un grosse virée à bicyclette dans le massif du mont Thabor. Quand, parmi d'autres, j'ai vu cette image, je me suis juré d'aller là haut.

Et le projet a fini par se faire.
Je ne peux vous parler de cette aventure, car c'en est une, assurément, sans vous en présenter les protagonistes.
Phil : monsieur muscles et homme de goût (puisqu'il roule sur un slayer)
Benjamin : Breton Luberonnais, nouvellement converti à cette fonction de la pédale qui permet de monter au sommet de la montagne sur son vélo
Lio : zébulon de l'équipe, toujours de bonne humeur, même quand sa tuyauterie fait des siennes à 2600 m. d'altitude
Charles : instituteur suspendu depuis peu (par Fox et Rock Shox)
Jeff : monsieur j'ai la forme quoi qu'il arrive sur mon beau vélo (un Yéti 575, encore un homme de goût)
Et moi.
L'idée de départ était d'atteindre le sommet du mont Thabor (3178 m.), dans le massif des Cerces. Autour de cet objectif, un joli circuit a pris forme, pour aboutir à 3 jours de vélo de montagne.
Après avoir fait tournicoter les différentes options dans ma petite tête de mono-neuroné du Thabor, je suis arrivé à ça :

JOUR 1
Partis un peu tard de Le Monêtier les Bains, nous sommes mis directement dans l'ambiance par la première ascension où nous poussons plus que nous roulons. Ce sera d'ailleurs le cas le plus souvent pendant ces trois jours : les Cerces, c'est raide, très raide...
Mais motivés par la beauté de la montagne, on avance, on avance, ... et on arrive au col de Buffère pour la première et longue descente (8km/500 m de D-).
Un vrai régal jusqu'à Névache, où une pause s'impose.
Le ciel se charge de plus en plus malgré les prévisions qui n'annoncent pas d'orage pour aujourd'hui. On continue donc vers la deuxième ascension du jour qui doit nous mener au col des acles, puis en Italie. On oubliera l'horrible piste sans un pêt d'ombre ou nous avons tous cru mourir...
L'orage n'est pas loin, mais des randonneurs qui descendent nous rassurent sur sa localisation : on continue.
La section qui part du col et doit nous mener au départ d'une descente réputée est magnifique. En voici une partie :

Il pleut, on attaque la descente (2km/500m de D-). C'est superbe effectivement : des lacets en quantité industrielle, beaucoup de cailloux et pas mal de pente ! C'est technique, voire très technique ; seul Benjamin se joue de certaines épingles en sortant de sa trousse à technique le pivot sur roue avant.
La suite sera bien différente. Arrivé en bas, BAM ! la foudre tombe tout près. Il pleut de plus en plus. La décision est vite prise, on délaisse la montée au col de thures pour la route qui nous mènera à la vallée étroite par le fond de la vallée.
Même si le goudron est par définition roulant, on arrive bien exténués au refuge I Re Magi. Et là, fatigués, trempés et crottés, nous sommes accueillis par Chiara. Aaaaah, charmante Chiara ! Sa seule présence nous réconforte, toutes nos tensions musculaires s'évaporent, nous nous sentons tous déjà beaucoup mieux !
Blague à part, alors qu'on ressemble plus à des clodos, on est accueilli comme des princes : les vélos ont droit à leur garage, nos pieds à des pantoufles, nos fringues de coyotes à la chaufferie, et nos petits corps endoloris à une douche chaude. Le bonheur quoi !
La suite est au diapason : antipasti, saucisses/polenta, fromage, dessert

Ça, ça nous a bien remis d'aplomb. Avec l'apéro pour commencer, le café et le génépi pour finir, on est allé se coucher sans remords aucuns !
JOUR 2
Je le savais.
Je le savais, mais je ne voulais par me rendre à la raison. Il y a trop de neige sur le Thabor, il faut renoncer au sommet. Voilà pourquoi je le hais. Tant pis, nous reviendrons. En discutant avec Chiara (Aaaahhh....), nous avons établi un tracé alternatif.
Pas simple de se remettre en selle, mais il suffit de lever le nez pour que la vue nous recharge les accus.

Après une pause touristique au lac vert, on attaque la longue remontée de la vallée étroite. C'est beau, vraiment très beau.
Quand, après du pédalage/poussage/portage/"longeage" de torrent on arrive au col des méandes (2700 m.), on se trouve au pied du Thabor, juste au dessus du grand Séru. Il nous manque 400m. pour atteindre le sommet, mais bon...
Une bonne grosse descente nous attend, mais la remontée au col du vallon nous nargue avec ces 2,5km et ses 400m de D+. Regardez plutôt :

On se dit qu'il n'y a pas tant de neige que ça, mais quand on y est, pas le choix, ça passe en plein dans le névé final...
Mais en attendant, il y a une fameuse descente à s'infuser : c'est parti pour 2,5km de descente et 500 m de D- !
Quand, après s'être gavé à la descente, en avoir bavé à la montée, on atteint enfin le col du vallon, on bascule face sud. A peine deux mètres sous le col, plus de vent : c'est plus fort que nous, on s'allonge dans l'herbe, et on profite quelques minutes du panorama. Certains on même failli s'endormir...
Ce qui nous attend est un vrai gros gâteau comme on n'en rencontre que rarement. Une descente de 7 kilomètres et 1000 m. de D-, d'une qualité et d'une variété sans égale dans un environnement fabuleux.

Arrivés à Névache, nous avons tous le sourire niais du gars content scotché sur la figure. Et là, est ce un signe du ciel ? On tombe par hasard sur une brasserie tenue par un Italien qui nous annonce fièrement qu'il brasse sa bière. Ni une, ni deux, en bons sportifs, nous profitons de ces bons sels minéraux qui tombent du ciel ! Il peut être fier le brasseur, elle est excellente sa bière.

Après trois pintes, direction le gîte. Et malgré la fatigue accumulée, on s'attable avec une horde de randonneurs bruyants qui fêtent l'anniversaire de Gaëtan (à moins que ce ne soit Constant, ou Pierre, ou Marcel, je ne sais plus). Gilbert en profite pour venir nous vanter l'excellent tracé vtt Sarreguemines/Nice. Peut être notre prochain périple, qui sait ?
Allez, au lit.
JOUR 3
Modification de l'itinéraire prévu. On revient à la toute première version, plus longue, mais moins rude.
Le petit échauffement matinal sur la route est bien venu. Et après, crac ! "Dré dans l'pentu" !
Une fois les 400 m. de dénivelé avalés, c'est du pur bonheur ! Nous sommes sur le chemin de ronde pendant presque 8 km. Ça monte juste un petit peu, c'est parfois plat ou descendant , la vue est magnifique, les rhododendrons sont en fleurs, le single est au top.

Et encore une descente ! Classe, toute en single, roulante au début puis avec quelques bons passages bien trialisants. Après 2 km et 370 m de descente, on a encore le sourire niais scotché au visage. Ça devient une habitude...
A partir de là, ça monte, progressivement, mais longtemps. On fini par arriver au lac rond, les pieds dans la neige .

Et on attaque la montée du col des Cerces, encore bien enneigé. On bascule derrière, et, devinez quoi ? Encore une descente au top, jusqu'au lac du même nom. Ça devient lassant...
!!
Remontée au col de la Ponsonnière : chamois, vautours, paysage grandiose, ... Hein, quoi, je l'ai déjà dit ? Désolé, mais c'est partout comme ça dans les Cerces.
Et zou ! Encore 4,5 km et 600 m de descente !
Mais une fois en bas, on se rend compte que les organismes ont bien trinqué. La question se pose de shunter la dernière remontée et de terminer par la route. Cette option est cependant bien vite balayée : on s'engage sur le chemin du Roy. On se rend vite compte que le choix était le bon, car le dénivelé est raisonnable, et le sentier bucolique à souhait.
La dernière pause a une saveur toute particulière : à partir de maintenant, ça descend jusqu'à la fin. Après 4,3 km et 700 m de D-, nous voilà attablé autour d'un demi à Le Monêtier les Bains.
C'est fini.
C'était bien.
Ce sera dur de refaire du vélo "normalement"...
Merci à mes acolytes pour ce beau moment de montagne, de vélo, de sport, mais surtout de partage.
Pour ceux qui aiment les chiffres :
Jour 1 : 46 km / 2350 m de D+ et 2000 m de D-
Jour 2 : 21 km / 1400 m de D+ et 1500 m de D-
Jour 3 : 38 km / 2100 m de D+ et 2150 m de D-
Le tracé réellement effectué

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Commentaires
effectivement: dur mais beau
Oh là là! Sacré raid!
Physiquement cela a dû être intense, mais gratifiant vu le panorama.
Tu t'es bien gavé et t'as eu raison.
Je n'irais pas jusqu'à qualifier cette virée de raid : nous avions du temps, et, heureusement, pas de chrono